Dessalement De L’eau De Mer à Agadir | 2017


Les travaux de construction ont démarré en février dernier. Ils sont menés par le consortium constitué d’Abengoa et Inframaroc, qui a réussi le closing financier grâce aux banques locales.
        L’usine de dessalement d’eau de mer de la région du Grand Agadir sera mise en service entre fin 2016 et début 2017. Les travaux de construction ont démarré en février dernier. Et c'est le Consortium composé des sociétés Abengoa (Espagne) et Inframaroc, filiale du groupe CDG (Maroc), retenu l’année dernière pour la conception, le financement, la construction et l'exploitation de l'usine, à l’issue d’un processus d’appel d’offres international, qui mène donc les travaux. Ces travaux, qui dureront entre 18 et 24 mois, ont été initiés après que le consortium a réussi le closing financier du projet. Selon les responsables d’Abengoa, un total de 82 millions d’euros de financement a été arrangé par un consortium de banques locales dont le chef de file est la Banque marocaine du commerce extérieur (Groupe BMCE Bank).

       Rappelons que le projet consiste en la réalisation d’une station de dessalement d’eau de mer ayant une capacité de production d’eau dessalée de 100.000 m3 par jour pendant une durée de 20 ans extensible à 200.000 m3/j. Et ce, pour couvrir les besoins en eau potable de la région du Grand Agadir jusqu’à l’horizon 2030.

     Cette première unité comprendra, selon l’ONEE et Abengoa, d’importantes infrastructures composées d’une prise directe en mer, sous forme d’un émissaire de 1.200 mètres, d’une usine de dessalement moderne basée sur la technologie de l’osmose inverse, située près du Cap Ghir à environ 40 km au nord de la ville d’Agadir. Elle sera également dotée d’un réservoir de stockage d’eau traitée de 35.000 m3, d’une station de pompage d’eau traitée, d’une conduite de 100 mètres raccordée à la conduite existante liant la station de traitement de Tamri aux réservoirs de distribution de la ville d’Agadir ainsi que d’une conduite de rejet par diffusion en mer sur 400 mètres et d'un poste de transformation.

        Jugé de portée régionale et mondiale, ce chantier s’inscrit dans les engagements de l’ONEE selon le contrat-programme conclu avec l’État pour la période 2014-2017. Il constitue, en outre, le premier projet au Maroc réalisé en BOT (Build, Operate and Transfer) dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) pour la production d’eau potable par dessalement d’eau de mer. Le contrat de BOT a été signé en mai dernier entre l’Office et le consortium.

        Par ailleurs, cet investissement permettra à l’ONEE de capitaliser sur son savoir-faire dans le montage de projets PPP pour le lancement d’autres projets. Comme nous l’avions annoncé hier, l’ONEE étudie avec la Banque Mondiale la réalisation de 3 usines de dessalement de l’eau de mer de taille moyenne, à Al Hoceima, Sidi Ifni et Tarfaya dans le cadre d’un partenariat public-privé.

Souss: Les Zones Industrielles à La Dérive


Aujourd’hui, les 10 zones industrielles confondues comptabilisent 3.074 lots étalés sur 1.083 ha pour un coût global d’investissement de 1,12 milliard de DH. Pourtant, une valorisation de ces sites aurait permis un vrai bond économique à la région
      A l'origine, la vocation des zones industrielles (ZI) est de créer la richesse et de générer des emplois. Or, ce n’est pas tout à fait le cas dans le Souss. En fait, la région comprend une dizaine de ZI dont deux parcs industriels intégrés (P2I). A savoir, le parc Haliopolis et le Parc Agropole qui est en cours de viabilisation. Or, ces ZI sont entravées par la spéculation foncière. Et cela fait 40 ans que cela dure pour certains lots (Cf. L’Economiste du 21/5/2015). «Ces zones industrielles ont été déviées de leur mission principale à cause de certains comportements irresponsables», a déclaré Zineb El Adaoui, wali de la Région Souss Massa et gouverneur de la préfecture d’Agadir Ida Outanane, lors d’une réunion tenue la semaine dernière à Agadir. En effet, la valorisation est absente quoique la commercialisation ait été réalisée à 100% pour certaines zones. Cas de la ZI de Tassila créée depuis 1974 avec un investissement de 285 millions de DH. Elle s’étend sur une superficie brute de 240 ha avec seulement 52% des lots actifs.
      
      La ZI d’Aït Melloul est, quant à elle, l’une des plus grandes au Maroc avec une superficie de 354 ha. Réalisée en 1988, elle a nécessité un budget de 248 millions de DH et génère 25.000 emplois. Pourtant seuls 50% des lots sont actifs. Ces deux zones se heurtent à la difficulté de valorisation, due à la non-réactivité des attributaires. Mais aussi, à la faible capacité installée en électricité et qui provoque des chutes de tension. L’absence de maintenance des infrastructures est aussi à signaler. Il faut dire que les investisseurs ont leur mot à dire quant au faible taux de valorisation, dû essentiellement au non-apurement de l’assiette foncière, cas de la ZI de Sidi Bibi 1. Les problèmes rencontrés dans la ZI de Sidi Bibi 2 sont d’un autre ordre. Le taux d’avancement des travaux de viabilisation est faible à cause notamment de l’existence d’exploitations agricoles sur près de 40 ha.

      De plus, se pose le problème du raccordement de l’assainissement, et l’emplacement de la STEP qui n’est pas défini. Les études faites par l’ONEE étant encore en cours. Pour ne citer que ces exemples. Aujourd’hui, les 10 zones industrielles confondues comptabilisent 3.074 lots étalés sur 1.083 ha pour un coût global d’investissement de 1,12 milliard de DH. Pourtant, une valorisation de ces sites aurait permis un véritable bond économique dans la région. Le problème, avec les lots non valorisés, c’est qu’ils représentent des points noirs étant donné le manque de sécurité.

      De plus, au fil du temps, ils se transforment tout simplement en décharges à ciel ouvert, ce qui porte préjudice à l’activité des vrais industriels déjà installés sur place. Et cela, nonobstant les enveloppes budgétaires injectées dans ces projets et qui sont non amorties. «Il est temps aujourd’hui de tout mettre en œuvre pour redresser la situation, à commencer par les cahiers des charges qui doivent être revus et adaptés aux spécificités territoriales», insiste Zineb El Adaoui. Elle a aussi appelé à faire du Benchmarking pour prendre exemple sur des expériences qui ont réussi ailleurs, aussi bien au niveau national qu’international.

      L’objectif étant de viabiliser ces zones pour attirer les industriels et les encourager à investir dans la région, en neutralisant le premier obstacle auquel ils se heurtent. A savoir la rareté du foncier.

Des parcs industriels locatifs

Pour sortir les ZI de leur léthargie et optimiser l’existant, l’idée proposée est d’opter pour des parcs industriels locatifs. En proposant des petites surfaces, lots ou bâtiments construits, uniquement en location et à des prix compétitifs, avec mise en place d’une société de gestion du parc. L’exemple du Parc industriel Bouskoura de la CFCIM a été cité en exemple. Etalé sur 28 ha de superficie clôturée, sécurisée et équipée en haut standing sur des lots allant de 500 à 7.000 m2. Avec 104 lots locatifs au total, il est devenu une référence en matière de gestion de parcs industriels au Maroc.

Souss Massa Un Salon De Logistique Pour Agadir


L’optique à travers le Congrès international du transport et de la logistique du Grand Sud atlantique est d’accompagner les directives soulignées par le ministère de l’Equipement, du Transport et de la Logistique pour le Maroc afin d'aller vers un modèle d’écosystèmes logistiques régionaux (Source: Logistic Sud)
           De par sa position stratégique et en tant qu’interface internationale, la logistique tient une place de choix dans la destination Agadir. La situation de la région de Souss Massa, pôle économique à vocation exportatrice, permet en effet de desservir tout le Maroc en une journée de transport et d’atteindre très rapidement les marchés d’Europe du Sud et du Nord.
            Le port d’Agadir, qui contribue au développement de l’économie aussi bien régionale que nationale, constitue un débouché naturel des activités agroalimentaires et halieutiques de la plaine du Souss Massa. Il génère un total de 4 millions de tonnes de trafic maritime. C’est donc un maillon de la logistique mondiale. Dans ce contexte, l’organisation d’un salon dédié au secteur de la logistique vient à point nommé dans une région ouverte sur le monde. C’est ainsi que la première édition de Logistic Sud: le Congrès international du transport et de la logistique du Grand Sud atlantique, est organisé ces mardi et mercredi à Agadir. Thème retenu: «Agadir, métropole maritime internationale».
           L’objectif, à travers cet événement, est d’accompagner les directives soulignées par le ministère de l’Equipement, du Transport et de la Logistique pour le Maroc afin d'aller vers un modèle d’écosystèmes logistiques régionaux. «Cette première édition de Logistic Sud sera un moment intense d'affaires et de rencontres, par la création d'un rendez-vous dédié à toute la profession», explique Khalil Daffar, du comité organisateur. A noter que l’idée du salon est née d’une demande formulée par les entreprises du territoire elles-mêmes.
           Les professionnels du secteur ayant exprimé la volonté d’avoir un espace de rencontre avec des acteurs économiques autour de la stratégie et la création d’un modèle d’écosystèmes logistiques régionaux. Durant ces deux jours d'études, colloques et conférences, animés par des experts et d’acteurs du secteur, seront organisés afin de répondre aux challenges de l’économie régionale et nationale. Et de mettre en avant les spécificités de la région comme hub logistique et drainer des investissements.
          Pour rappel, Logistic Sud se déroule à la Chambre de commerce, de services et d’industrie d’Agadir (CCISA), du 8 au 9 décembre. Il est organisé en partenariat entre la CCISA et Logipole Souss Massa, cluster dédié à l’amélioration de la compétitivité logistique des entreprises de la région.

  • Le port génère à lui seul quelque 4 millions de tonnes de trafic maritime
  • Vers un modèle d’écosystèmes logistiques régionaux
  • La première édition se poursuit jusqu’au 9 décembre

Souss: L’investissement Coince à Cause Du Foncier


Des investissements dans le parc national du Souss Massa? L’étude de faisabilité pour repositionner le parc et l’ouvrir à l’urbanisation, qui devait être réalisée par la SMIT et par les Eaux et forêts n’a toujours pas été réalisée (Ph. MW)
          Opérateurs économiques, décideurs locaux, représentants du secteur bancaire, des chambres professionnelles, fédérations professionnelles… Zineb El Adaoui, Wali de la Région Souss Massa et Gouverneur de la Préfecture d’Agadir Ida Outanane a réuni tout ce beau monde pour parler «investissement». Cette rencontre régionale autour du climat des affaires devenait nécessaire pour faire le point sur les contraintes qui freinent l’essor économique du Souss, pourtant région qui dispose d’un fort potentiel de croissance.

           Ensemble, les opérateurs et décideurs auront plus de chances d’identifier les pistes de développement et dynamiser ainsi l’économie locale. «En plus de ses potentialités naturelles, la région dispose aussi d’un grand capital humain, il faut donc retrousser les manches et travailler!», a-t-elle lancé sur un ton de défi, soulignant l’impact de l’investissement sur la création d’emplois. L’idée est aussi de réussir à répartir des investissements de façon équilibrée au niveau de toutes les provinces de la région, dans le respect des particularités territoriales de chaque zone. Aujourd’hui, un challenge de taille se dresse et qu’il faut d’abord résoudre, celui de la difficulté d’accès au foncier à laquelle s’ajoutent les contraintes de financement, l’obtention des autorisations… Le problème qui se pose par rapport au foncier est que la plupart des terrains appartiennent au domaine forestier. Ou bien sont-ils, comme cela est le cas à Chtouka Ait Baha, des terrains collectifs pour lesquels le traitement se fait au niveau central, indique Khalil Nazih. Reste le foncier au niveau du littoral. Au nord d’Agadir, les projets d’investissement de Taghazout, Imi Ouaddar… ont déjà vu le jour. Au sud-est, l’utilisation du foncier pour des projets d’investissement n’a pas été possible car il y a un blocage au niveau du Parc national Souss Massa. En fait, l’étude de faisabilité pour repositionner le parc et l’ouvrir à l’urbanisation et aux investissements, qui devait être réalisée par la SMIT et par les eaux et forêts n’a toujours pas été réalisée. «En attendant, il faut optimiser l’existant et penser à un nouveau business modèle pour les zones industrielles de la région», a déclaré Khalil Nazih, Directeur du Centre régional d’investissement (CRI) de Souss Massa.

            Dans ce sens, Zineb El Adaoui a annoncé son intention d’organiser une réunion prochainement avec les opérateurs économiques pour discuter de la situation des lots non utilisés dans les ZI et trouver une solution définitive à ce problème qui traîne depuis des années. Parmi les autres problèmes soulevés, la lenteur administrative et l’accès au financement dont le taux d’intérêt reste trop élevé. Ceci, en plus de l’absence de produits de financement adaptés aux TPE / PME et d’offre de Fonds Spéciaux non adaptés aux vrais besoins de l’entreprise, cas de Renovotel.

Méga-projets

Depuis sa création en 2002, le Centre régional d’investissement (CRI) de Souss Massa a validé 3.600 projets qui ont permis de créer 166.000 emplois, pour un montant global de 127 milliards de DH. L’investissement a connu un pic dans la région en 2010, avec le projet Nour à Ouarzazate pour 20 milliards de DH. En 2011, une autre performance a été réalisée avec le projet Haliopolis avec 7,7 milliards de DH. Le projet Taghazout rejoint le palmarès en 2012, avec 11 milliards de DH. En 2014, un autre pic a été atteint avec lancement de la 2e tranche du projet Nour.

Plan Maroc Vert Objectifs Dépassés Dans Le Souss


  • Zoom sur les projets réalisés 5 ans avant l’échéance fixée à 2020
  • Agrumes et primeurs, lait et viandes rouges, grands bénéficiaires
  • Le pilier II s’attaque aux zones oasiennes et régions montagnardes

         Le Plan Maroc vert (PMV) avance bien dans le Souss Massa (SM), première zone primeuriste et agrumicole du pays où se concentrent les principales exploitations agricoles. En effet, plusieurs objectifs visés connaissent un état d’avancement de pratiquement 100%, soit  cinq ans d’avance sur la date d’échéance fixée à 2020. Dans le détail et selon l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA) du Souss, le nombre de projets compris dans le pilier I et II confondus est de 31, avec une enveloppe budgétaire de plus de 4,5 milliards  DH, pour  34.700 bénéficiaires. A lui seul, le Pilier I s’accapare un montant de 4,4 milliards DH pour la réalisation de 16 projets, au bénéfice de 28.100 agriculteurs. Quant à lui, le Pilier II comprend 15 projets avec un investissement de 175 millions DH et 6600 bénéficiaires. Pour ce qui est des visées du Pilier I du PMV, l’idée est de développer l’agriculture à forte valeur ajoutée et à forte productivité. Ce qui passe nécessairement par la création de pôles de développement agricole et agroalimentaire, afin de répondre aux exigences du marché. Parmi les outils stratégiques retenus, les nouveaux modèles d’agrégation. Ainsi, la filière des agrumes et primeurs a connu le développement de 8 projets depuis 2010, pour une superficie de plus de 19.000 hectares et 719 agriculteurs regroupés en agrégation autour de stations d’emballage. Montant d’investissement, 2618 millions DH. La filière du lait et des viandes rouges a, quant à elle, vu la réalisation de 2 projets, à savoir une unité d’industrialisation du lait et un abattoir. Le nombre de têtes de bétail concerné a atteint plus de 83.000 et celui des agriculteurs rassemblés en groupements 13.500. Soit 10 projets en tout pour un montant global de plus de 14 milliards de DH et un état de réalisation de 63%. «L’objectif du Plan Maroc vert est de regrouper les agriculteurs sous forme de coopératives ou de groupements, ce qui constitue une grande force économique, c’est pourquoi beaucoup d’efforts sont consentis dans ce sens»,  explique Hro Abro, Directeur de l’ORMVA.  En effet, l’agrégation permet aux agriculteurs d’optimiser toutes les actions qu’ils ont à entreprendre, notamment pour la recherche de marchés, l’acquisition de fournitures… 

          Pour le Pilier II, le défi est d’aider des centaines de milliers de paysans, particulièrement ceux issus des régions montagnardes et oasiennes, afin qu’ils puissent accéder à l’économie marchande dans de bonnes conditions. En créant de la valeur ajoutée et en assurant une bonne gestion des ressources naturelles. Sur ce volet, le projet de réhabilitation et de valorisation de l’amandier à Imouzzer Ida Outanane connaît un état d’avancement satisfaisant de 100%. Précisément, pour ce qui est de l’opération d’implantation sur 400 hectares. Et aussi par la réalisation de 4 unités pour la valorisation de la production, réalisée aussi à 100%. Quant à elle, l’opération d’entretien des arbres connaît un état d’avancement de 88%, soit 700 ha traités sur 800 ha. Objectif atteint également pour les subventions et l’encadrement avec  700 actions effectuées sur 800, soit près de 86%. Pour ce qui est du projet de densification et de valorisation de l’olivier à Issen, Igli et Aoulouz, objectif atteint à 100% pour la plantation d’arbres sur 800 ha. Même pourcentage pour la création de 9 unités pour la valorisation de la production.  Pour ce qui est de l’entretien des arbres, le résultat est de 1960 arbres traités sur 3460, soit un état d’avancement de 57%. Enfin, 143 opérations de subventions et d’encadrement ont été effectuées sur 191. L’objectif initial est donc réalisé à 75%.

           Les communes rurales d’Imouzzer Ida Outanane, Argana et Aourir ont vu se développer sur leur territoire des projets de densification et de valorisation du miel. C’est ainsi que le nombre de ruches d’abeilles ayant vu le jour dans le cadre du Pilier II du PMV a atteint 5080 sur les 11.000 visés. L’équipement d’unités dédiées à la valorisation de la production atteint un état d’avancement de 73%. Et les subventions et encadrement technique a atteint 61%, avec 184 opérations réalisées sur 301. Le PMV vise également l’augmentation des superficies équipées en goutte-à-goutte. Actuellement, 84.000 ha sont équipés sur les 100.000 à atteindre en 2020, soit un état d’avancement plus que satisfaisant à cinq ans de la date d’échéance.